1 000 000 € pour une fracture du pied : comment une expertise unilatérale a été démantelée et l’indemnisation reconstruite de zéro
EN RÉSUMÉ : Une expertise médicale organisée unilatéralement par l’assurance, sans contradiction, sans médecin-conseil de la victime, sans contrôle judiciaire, peut produire un rapport qui sous-évalue les séquelles, consolide prématurément la victime et ignore des préjudices entiers. Ce rapport devient ensuite la base de l’offre indemnitaire. Quand il est contesté et remplacé par une expertise contradictoire menée dans les règles, tout ce qui en découlait s’effondre. Dans ce dossier, l’assurance proposait 60 000 €. L’indemnisation finale obtenue dépasse 1 000 000 €.
1° Une fracture du pied chez une jeune victime : ce que l’assurance a voulu résumer à un plâtre
Hana avait 16 ans lorsqu’un véhicule l’a percutée alors qu’elle attendait, à l’arrêt, que le feu passe au vert pour les piétons. La fracture du pied était immédiate et incontestable.
Pour l’assurance, dans un premier temps, la réponse tenait en quelques mots : la pose d’un plâtre. Aucune procédure d’indemnisation sérieuse n’était envisagée.
C’est la famille de la victime qui a insisté pour qu’une expertise médicale soit organisée. L’assureur a finalement accepté, à une condition : que cette expertise soit unilatérale, conduite par le seul médecin mandaté par la compagnie, sans la présence d’un médecin-conseil indépendant aux côtés de la victime.
Cette condition, acceptée faute d’information, a été le point de départ de plusieurs années de sous-évaluation.
2° Ce qu’est une expertise unilatérale, et pourquoi elle désavantage structurellement la victime
Il existe deux types d’expertises médicales dans un dossier de dommage corporel.
L’expertise amiable unilatérale est organisée par l’assureur. Un seul médecin intervient, celui de la compagnie. La victime n’est pas accompagnée d’un médecin-conseil indépendant. Il n’y a pas de contradiction formelle sur les conclusions médicales. Le rapport est établi par quelqu’un dont la mission est définie par l’assurance.
L’expertise contradictoire, qu’elle soit amiable ou judiciaire, réunit les deux parties avec leurs médecins respectifs. Les conclusions sont discutées, les désaccords consignés, les documents médicaux examinés ensemble. La victime n’est pas seule face à une évaluation qu’elle ne maîtrise pas.
Dans ce dossier, le rapport issu de l’expertise unilatérale comportait deux anomalies majeures : une consolidation prononcée alors qu’une opération chirurgicale était encore programmée, et une absence totale de préjudice psychique alors que la victime suivait un suivi psychiatrique régulier depuis l’accident. Ces deux omissions n’étaient pas des erreurs de bonne foi.
Elles avaient une conséquence directe : minorer l’offre indemnitaire.
10K
CAS TRAITÉS
Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
3° Consolidation prématurée : une notion juridique aux conséquences financières considérables
La consolidation est la date à partir de laquelle l’état de santé de la victime est considéré comme stabilisé, c’est-à-dire que les séquelles ne sont plus susceptibles d’évoluer significativement.
C’est à compter de cette date que les préjudices permanents sont évalués et que l’offre d’indemnisation définitive peut être formulée.
Consolider prématurément une victime, avant que son état soit réellement stabilisé, avant une opération prévue, avant que les séquelles durables se soient manifestées, a une conséquence directe : l’évaluation des préjudices permanents est réalisée sur une base incomplète. Des séquelles qui auraient dû être prises en compte ne le sont pas. Des postes qui auraient dû figurer dans le rapport n’y apparaissent pas.
Dans ce dossier, la victime n’était médicalement pas consolidée au moment où le rapport de l’assurance l’affirmait. Une opération était prévue. Les séquelles fonctionnelles étaient encore en évolution. Pourtant, sur le fondement de ce rapport, l’assurance formulait une offre définitive à 60 000 €.
4° Ce que notre cabinet a identifié en analysant le dossier
Lorsque nous avons reçu la famille de la victime, l’offre de 60 000 € n’avait pas encore été acceptée. Le délai de réflexion n’était pas épuisé. Il restait une fenêtre pour agir.
L’offre est alléchante pour cette maman célibataire qui élève seule ses trois enfants dont Hana. Cette somme permettrait de relever un peu le niveau de vie actuel et surtout de prendre un peu de vacances car voilà désormais presque 2 ans se sont écoulés depuis l’accident.
Néanmoins devant les difficultés de sa fille à marcher, 2 ans après l’accident et surtout le projet professionnel d’aida remis en question à cause de son handicap – elle ne peut rester debout plus de 5 minutes (elle souhaitait enseigner) elle se laisse convaincre par sa voisine de consulter un avocat. Pas n’importe lequel, celui qui s’occupe d’une de ses amies qui a perdu sa fille dans un accident de la circulation.
Notre analyse du dossier a fait apparaître trois problèmes distincts :
Ni l’assistance par tierce personne, ni l’incidence professionnelle, pourtant réelles et documentables, n’avaient été évalués. L’offre ne couvrait pas la réalité du préjudice subi.
Nous avons exposé ces trois points à la famille. Nous avons proposé une stratégie : refuser l’offre, contester le rapport, imposer une expertise contradictoire, ou saisir le tribunal si l’assurance refusait.
5° L’expertise contradictoire et la pression exercée pour l’obtenir
Dès notre désignation, nous avons notifié l’assureur du refus d’accepter l’offre et remis en question l’intégralité du rapport médical.
Deux voies étaient ouvertes : une expertise médicale contradictoire avec versement d’une provision substantielle avant qu’elle se tienne, ou la saisine d’un tribunal.
L’assurance a choisi de négocier. Une provision de 100 000 € a été versée avant l’expertise contradictoire, soit déjà davantage que l’offre définitive initialement proposée pour solde de tout compte.
L’expertise contradictoire s’est tenue plusieurs années après l’accident, en présence de la victime, d’un avocat de notre cabinet, d’un médecin-conseil indépendant, et des représentants de l’assurance (avocat et médecin de compagnie. Les conclusions ont fait l’objet de longues discussions, appuyées sur des rapports médicaux spécialisés. Il est apparu que la consolidation n’était toujours pas acquise. Les médecins ont convenu de revoir la victime deux ans plus tard, le temps d’observer l’évolution réelle de la fracture.
« ...Se faire assister n’est pas juste utile, mais bien obligatoire dans cette matière » Avocat dommages corporels
6° Les préjudices d’une jeune victime s’évaluent sur toute une vie
C’est une réalité que les assureurs n’ont pas intérêt à mettre en avant.
Lorsqu’une victime est jeune au moment de l’accident, les préjudices permanents se calculent sur une durée de vie entière.
L’incidence professionnelle, la perte de chance de suivre une carrière envisagée, l’impossibilité de rester debout le temps d’une journée de travail, la réorientation forcée, est capitalisée sur plusieurs décennies.
L’assistance par tierce personne, si elle est permanente, l’est également.
Dans ce dossier, la victime souhaitait enseigner. Elle ne pouvait plus rester debout plus de cinq minutes. Son parcours scolaire, brillant avant l’accident, avait été interrompu par les conséquences du trouble de stress post-traumatique.
Ces éléments, correctement documentés et défendus lors de l’expertise contradictoire, ont contribué de façon déterminante à l’évaluation finale des préjudices.
La nomenclature Dintilhac fournit le cadre : déficit fonctionnel permanent, incidence professionnelle, préjudice scolaire et universitaire, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, trouble de stress post-traumatique, assistance par tierce personne.
Chaque poste mérite d’être construit, documenté, et défendu, pas accepté tel que l’assureur le propose.
7° Résultat : 1 000 000 € au terme de douze ans de procédure
Après douze ans de procédure, la consolidation a été prononcée. L’assurance a formulé une offre définitive à 400 000 €. Après une année supplémentaire de négociations, l’indemnisation totale, provision comprise, a dépassé 1 000 000 €.
Le dossier a également été structuré pour permettre une réouverture en cas d’aggravation : si l’état de santé de la victime venait à se détériorer au-delà des séquelles déjà indemnisées, la procédure peut être reprise.
Nous n’avions promis aucun chiffre à la famille. Nous avions identifié des anomalies dans un rapport d’expertise, proposé une stratégie de contestation, et tenu cette stratégie pendant douze ans.
8° Trois situations où une famille doit refuser l’offre et consulter avant de signer
Ce dossier illustre trois configurations dans lesquelles accepter une offre d’indemnisation sans analyse préalable peut constituer une erreur irréparable :
Avis google laissé par Hana


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» Nous sommes détestés par les assureurs et ce n’est pas sans raison ! » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel
9° Notre cabinet peut analyser votre dossier, même si une offre a déjà été proposée
Si une offre d’indemnisation vous a été remise, ou si une expertise unilatérale a déjà été réalisée, notre cabinet peut examiner la situation avant que vous ne signiez quoi que ce soit.
La loi encadre les délais d’acceptation des offres indemnitaires. Ces délais existent précisément pour permettre à la victime de se faire conseiller. Les utiliser n’est pas une marque de méfiance : c’est une précaution élémentaire.
Notre cabinet intervient sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger (Asie, Afrique, Amériques? Europe). Une première analyse de dossier peut être organisée sans engagement.
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Indemnisation du préjudice de la jeune victime – fracture du pied
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