BESOIN EN TIERCE PERSONNE DES VICTIMES VULNÉRABLES

Victimes vulnérables ou victimes protégées, les enfants et les personnes âgées ont un besoin en tierce personne différent 

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L’aide à tierce personne selon la nomenclature dintilhac

La nomenclature Dintilhac définit l’aide à tierce personne comme un poste visant à indemniser : « le coût pour la victime de la présence nécessaire d’une tierce personne à ses côtés pour l’assister dans les actes de la vie quotidienne, préserver sa sécurité, contribuer à restaurer sa dignité et suppléer sa perte d’autonomie » que cette aide soit temporaire ou définitive.

La Cour de cassation a établi, au visa du principe de réparation intégrale sans perte ni profit pour la victime « que le montant de l’indemnité allouée au titre de l’assistance d’une tierce personne ne saurait être réduit en cas d’assistance d’un membre de la famille » (Cass., 2e Civ., 13 septembre 2018, n°17-22.427 ; Cass., 2e Civ., 11 octobre 2018, n°17-23.312).

Cette jurisprudence constante est d’importance car l’aide à tierce personne est souvent apportée par les membres de la famille, ce qui se vérifie d’autant plus lorsque la victime est un enfant ou une personne âgée.

A LIRE : COMPRENDRE LA NOMENCLATURE DINTILHAC ?

L’évaluation des besoins en tierce personne des victimes vulnérables, à savoir des enfants et des personnes âgées, est d’importance dans la procédure d’indemnisation car elle doit être adaptée aux spécificités attachées à ces victimes particulières.

« …Les victimes vulnérables sont aussi des victimes protégées, ne l’oublions jamais » Avocat de victimes en situation de handicap

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L’évaluation des besoins en tierce personne des enfants, victimes vulnérables et victimes protégées 

Par nature, un enfant a besoin de l’assistance de ses proches pour réaliser notamment, les actes de la vie courante.

Nonobstant cet état de fait, un enfant victime de dommages corporels a des besoins spécifiques liés à son handicap, dont l’évaluation doit être faite avec le plus grand soin.

Afin de tenir compte des spécificités attachées à cet adulte en devenir, il est préconisé que les Experts évaluent le besoin en tierce personne en tenant compte « de l’autonomie que l’enfant n’a pas, compte tenu de son âge ».

Il faudra donc être vigilant à ce que l’Expert prenne en considération et décrive de manière détaillée : les besoins élémentaires de l’enfant pour se nourrir, s’habiller, se laver ; les heures nécessités par l’accompagnement aux soins et à la rééducation ; les mesures éducatives mises en place, la surveillance quotidienne et nocturne …

La précision apportée par l’Expert sur les besoins de l’enfant liés à son handicap est le seul moyen de distinguer les besoins inhérents à l’âge de l’enfant, et les besoins liés à son handicap afin de garantir une indemnisation juste et intégrale de ce poste de préjudice. Et ce d’autant qu’il est fréquent qu’en cas de handicap grave de l’enfant, l’un des parents soit contraint d’arrêter toute activité professionnelle afin d’assister son enfant dans les actes nécessités par son état.

A la suite de l’abandon de sa profession, le parent subit généralement une perte de gains professionnels et de retraite.

La question s’est posée de savoir si la parent contraint d’abandonner sa profession pouvait prétendre à un préjudice économique distinct de l’aide à tierce personne indemnisée directement à l’enfant. Autrement dit, cette perte est-elle compensée par l’indemnisation allouée à l’enfant au titre de l’aide à tierce personne ?

Pour la Cour de Cassation il appartient aux juridictions et aux régleurs à rechercher si la rémunération allouée au titre de l’aide à tierce personne compense les pertes de gains professionnels et de retraite du parent qui a abandonné son emploi (Cass., 2e Civ., 24 octobre 2013, n°12-26.102 ; Cass., 2e Civ., 14 avril 2016, n°15-16.697).

La Cour de Cassation, Cass., 2e Civ., 8 juin 2017, n°16-17.319, considère : « Qu’en se déterminant ainsi, sans rechercher si Mme Y…, qui avait cessé son activité pour s’occuper de son mari, ne subissait pas un préjudice économique personnel en lien direct avec l’accident consistant en une perte de gains professionnels qui ne serait pas susceptible d’être compensée par sa rémunération telle que permise par l’indemnité allouée à la victime directe au titre de son besoin d’assistance par une tierce personne, la cour d’appel a privé sa décision de base légale » (…).

Il est donc tout à fait possible de solliciter l’indemnisation d’une part, de l’aide à tierce personne de l’enfant et d’autre part, le préjudice économique du parent, sans conduire à une double indemnisation.

L’évaluation des besoins en tierce personne des personnes âgées, victimes vulnérables et victimes protégées

Tout comme l’enfant, la victime personne âgée a des besoins spécifiques qui peuvent être complètement bouleversés à la suite d’un accident.

Du fait du vieillissement et de la dépendance annoncée, un raccourci est généralement opéré par les Experts qui auront tendance à ne pas évaluer ou à sous-évaluer les besoins en aide à tierce personne de la personne âgée en considérant qu’inéluctablement une aide dans les actes de la vie courante aurait dû être mise en place.

Ce raisonnement ne peut qu’être décrié car il contrevient au principe de réparation intégrale sans perte ni profit pour la victime qui sous-tend la matière, et à la jurisprudence de la Cour de cassation qui a établi que l’âge ne peut être pris en compte pour réduire le droit à indemnisation de la victime dont la vieillesse constituait un facteur péjoratif et aggravant de la pathologie développée à la suite de l’événement traumatique (Cass., 1ere Civ., 28 janvier 2010, n°08-20.571). Et pour cause, le vieillissement ne conduit pas nécessairement à une perte d’autonomie et une institutionnalisation.

Lors des opérations d’expertise, il est plus que nécessaire de veiller à ce que l’Expert établisse de manière précise, en les détaillant, les besoins en aide à tierce personne découlant du handicap présenté par la personne âgée, sans tenir compte de l’aléa que l’âge représente sur l’autonomie de la personne.

Afin d’éviter tout écueil, les besoins en tierce personne de la victime personne âgée ne doivent pas être limiter dans le temps, sous prétexte que potentiellement l’état de santé de la victime se serait dégradée et aurait conduit à une perte d’autonomie.

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F.A.Q. Cliquez sur la question

Quel est le montant de l’aide à la tierce personne ?2025-03-07T16:25:07+01:00
Le montant de l’indemnisation dépend principalement du nombre d’heures nécessaires, du tarif horaire appliqué et du niveau de compétence requis. En général, le coût horaire correspond au tarif moyen des aides à domicile dans la région où réside la victime. Si la personne nécessite 30 heures d’assistance par semaine et que le taux horaire est de 22 euros, l’indemnisation hebdomadaire atteindra 660 euros. Ce montant peut augmenter si l’assistance requiert des qualifications spécifiques ou si les besoins de la victime s’accentuent. La somme finale est donc une combinaison entre le volume horaire, la nature des tâches et le tarif convenu.
Qui peut être une personne tierce ?2025-03-07T16:23:46+01:00
Une tierce personne peut être soit un professionnel, tel qu’un auxiliaire de vie ou un aidant formé, soit un proche, comme un membre de la famille ou un ami, qui accepte de fournir cette assistance. En l’absence de formation, un proche peut toutefois être reconnu comme tierce personne à condition d’effectuer des tâches concrètes et régulières qui répondent aux besoins de la victime. Cette reconnaissance est fondée sur la nature et la fréquence de l’aide réellement apportée, qu’elle soit médicale, logistique ou liée au quotidien. Il est essentiel que cette contribution soit documentée et confirmée par un médecin-expert pour être validée dans le cadre d’une indemnisation.
Comment calculer la tierce personne ?2025-03-07T16:21:13+01:00
L’évaluation de l’assistance tierce se fait en fonction de plusieurs facteurs : la nature des tâches à accomplir, la durée pendant laquelle cette aide est nécessaire et le coût horaire correspondant aux services requis. On commence par établir le nombre d’heures hebdomadaires ou mensuelles, estimées lors d’une expertise médicale, en tenant compte des besoins exacts de la victime (aide à l’hygiène, aux repas, à la mobilité, etc.). À ce volume horaire, on applique un tarif moyen, qui varie selon la région et la complexité de l’aide. Ainsi, une estimation de 25 heures par semaine avec un tarif de 22 euros de l’heure aboutit à une indemnisation hebdomadaire de 550 euros. Il est également courant de réévaluer ces besoins périodiquement pour ajuster l’indemnisation si la situation évolue.
Qui a droit à l’aide à la tierce personne ?2025-03-07T16:21:35+01:00
L’assistance d’une tierce personne est destinée à toute victime d’un accident ou d’une agression qui entraîne une perte d’autonomie durable ou permanente. Lorsque les séquelles physiques, cognitives ou psychologiques limitent la capacité de la personne à accomplir les gestes du quotidien, elle peut demander à bénéficier de cette aide. Cela inclut aussi bien les handicaps lourds que les limitations plus modérées, dès lors qu’elles empêchent l’individu de vivre de manière totalement indépendante. Le droit à cette aide repose sur une évaluation médicale approfondie, établie par un expert qui détermine si la situation de la victime justifie un soutien humain spécifique.

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